Peintures

La peinture, l’autre versant de l’œuvre de Pierre Aubert.

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Pierre Aubert a toujours peint, mais par périodes et à des rythmes très variables.
Avant la guerre, ses huiles reflètent encore l’influence formatrice de Tell Rochat. À côté de paysages et de natures mortes, il peint également plusieurs portraits de sa mère et quelques scènes bibliques. Tout change avec la fin des années 1940 et le début de la décennie suivante, époque la plus féconde pour ce qui est de sa peinture. Elle connaît alors une véritable révolution, caractérisée par une explosion de couleurs pures, sans rapports avec les œuvres du début – ainsi les huiles intitulées La Lessive (1949) et Le Petit port (1950).

Si Pierre Aubert se consacre tant à la peinture dans ces années-ci, c’est aussi parce qu’il est tombé gravement malade durant l’été 1950. L’artiste doit en effet s’interrompre dans son travail de graveur. Il passe alors plusieurs mois de convalescence dans sa belle-famille à Lausanne et met à profit ce repos forcé pour peindre toute une série de petites huiles vivement colorées ; la plupart exécutées sur carton: vues de la propriété de ses beaux-parents, (le « Bouton d’Or » à Montelly) et de ses alentours encore très campagnards, bords du lac, natures mortes, etc.

Une fois rétabli et de retour à la Vallée de Joux, l'artiste se remet à la gravure tout en continuant de peindre. A l’occasion de ses séjours à Paris, il installe son chevalet sur les quais de la Seine, aux Tuileries et au Luxembourg. Au fil des ans, néanmoins, à mesure surtout que grandit sa notoriété de graveur, Pierre Aubert accorde à la gravure une place toujours plus importante. L’installation à Romainmôtier, dont la lumière l’enchante et lui semble particulièrement propice à la peinture, ne modifie guère cet état de fait.

L’abbatiale et les vieilles maisons du bourg, les bords du canal ainsi que le bois de Forel deviennent ses thèmes de prédilection. Il s’agit davantage d’une « peinture de graveur », sans les audaces de naguère.
Nombre de toiles de cette ultime période resteront inachevées. Pierre Aubert travaille par ailleurs de plus en plus en atelier. Des toiles reprenant les motifs de ses xylographies apparaissent alors dans sa production.

En cinquante ans de carrière, Pierre Aubert a en définitive, exécuté relativement peu d’huiles en comparaison de son œuvre de xylographe. En revanche, gouaches et aquarelles l’ont accompagné jusque vers la fin de sa vie.